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29 Novembre 2007 à 22:04 dans
- Réseaux Sociaux
J'ai cependant l'impression que ces solutions ne font pas encore complètement entrer la notion de networking dans les entreprises. Elles se limitent pour l'heure à offrir des espaces collaboratifs et des moyens de communication plus performants mais ne font pas encore le lien entre ces espaces de création de valeur et la gestion des réseaux personnels comme je l'avais déjà suggéré ici et ici. Avoir un réseau personnel n'étant pas un but en soit, il subsiste encore un décalage entre le message d'IBM "Integrated Tagging, Blogging and Professional Networking Tools Bring the Power of Web 2.0 from the Consumer Realm to the Entreprise" et les fonctionnalités offertes par "Lotus Connections" qui s'articulent autour des modules suivants:
L'intégration de la gestion des relations personnelles ne semble ainsi pas (encore) en faire partie intégrante. Or elle très importante au sein de l'entreprise elle-même comme le suggère l'illustration ci-dessous mais également concernant les liens que chaque collaborateur a avec des personnes externes à l'entreprise.

Alors que les plateformes de type LinkedIn ou Xing sont utilisées plutôt par les individus pour leurs propres besoins professionnels ou personnels, les entreprises doivent aussi se poser la question d'une meilleure valorisation des réseaux personnels de leurs collaborateurs pour le profit de l'entreprise en les motivant à partager à l'interne leurs contacts de manière beaucoup plus complète et systématique pour par exemple gagner un contrat, résoudre des problèmes, faire du lobbying, etc. Ces réseaux dont l'accès sera limité à tout ou partie des collaborateurs devront être gérés par des plateformes internes à l'entreprise pour garantir une certaine "confidentialité".
L'adoption de ces plateformes sera très dépendante de la culture de l'entreprise. Une structure très hiérarchique, avec des objectifs individuels fortement pondérés, sera confrontée à un choc culturel important lors de l'introduction de ces outils à tendance fortement collaborative. Par contre si les objectifs sont communs, s'il est reconnu qu'une entraide au sein de l'entreprise apporte un plus à la société et donc à chacun, alors les chances d'adoption de ces outils seront beaucoup plus grandes. Prenons l'exemple de la vente où cette notion de réseau est certainement la plus forte. Ce qui détermine en grande partie la valeur d'un vendeur outres ses compétences intrinsèques du marché et des techniques de vente, c'est également la taille et la qualité de son carnet d'adresses. Que celui-ci soit géré sur un PDA ou tout simplement dans un fichier Excel, le vendeur a la tendance à vouloir protéger farouchement ce trésor qu'il peut facilement monnayer auprès d'autres employeurs si nécessaire. Or ce sont justement ces contacts qui pourraient être très utiles à d'autres personnes dans l'entreprise dans d'autres situations que la vente. Mais la crainte de la détérioration de la relation si "n'importe qui" se met à appeler telle ou telle personne au nom de l'entreprise constitue un frein à ce partage. Il ne s'agit donc pas simplement d'ouvrir les carnets d'adresses de chacun mais également de définir des règles pour leur utilisation.
Une première étude fait mention que les entreprises qui ont fait ce pas, ont une plus forte croissance que les autres. Est-ce que la corrélation est vraiment directe ou est-ce simplement le fait que les entreprises plus sensibles à ces notions sont déjà dans des marchés en croissance ? Cette deuxième hypothèse explique certainement cette évolution en partie. Ceci étant il est évident que cette matière première que constitue les réseaux sociaux de chaque collaborateur est actuellement sous exploitée par les entreprises alors qu'en leur payant un salaire, elle paie ce bien également intrinsèquement. Mais c'est sûrement une démarche qui mérite débat. On engage une personne pour ce qu'elle sait mais aussi pour qui elle connaît. Doit-on pour autant "obliger" cette personne à se dévoiler à l'ensemble ou à une partie des collaborateurs de l'entreprise pour laquelle elle travaille ? Que se passe-t-il une fois que ce collaborateur quitte cette entreprise ? Autant de questions qu'il convient de bien analyser avant de se lancer dans une telle démarche.
Tout comme le dit Guy Kawasaky (ex "Chief Evangelist" chez Apple et Venture Advisor de plusieurs startups dont notamment Jajah, le peut-être futur Skype de la téléphonie mobile), je pense également que le potentiel de ces plateformes est sous-exploité. Mais cette mesure de LinkedIn va dans la bonne direction pour faire de cette plateforme un outil dont l'utilisation sera plus régulière et donc à plus forte valeur ajoutée. Dommage que les questions ne peuvent être classifiées que dans les trois catégories "Recruiting, Promoting your services, Job seeking". Le spectre devrait être beaucoup plus large. Et au fait comment va réagir Xing ?
Les vacances sont toujours pour moi l'occasion de lire des sujets que je n'ai que rarement le temps d'aborder le reste de l'année. Je recherche toujours des livres ou des revues issus de domaines qui sont éloignés de mes centres d'intérêt traditionnels. Pour ces vacances de fin d'année 2006, je me suis ainsi acheté le dernier ouvrage d'Albert Jacquard
intitulé
Mon utopie. Albert Jacquard est généticien et bien connu notamment pour son autre ouvrage
Eloge de la différence : La génétique et les hommes
Au fur et à mesure de ma lecture ma surprise fut cependant grande lorsque je me suis rendu compte que les idées développées dans ce livre sont très proches de celles que l'on trouve actuellement au sein de la blogosphère et qui tournent autour des notions telles que le cinquième pouvoir et la force du réseau, l'open source, l'aberration de la croissance continue, l'impuissance des mécanismes économiques traditionnels à aborder les défis actuels de notre société (climat, lutte contre la pauvreté,...) ou encore la nécessité de nouveaux indicateurs alternatifs autres que par exemple le PIB ou le PNB pour mesurer l'évolution d'un pays et j'en passe.
Je vous propose ci-après deux citations issues de ce livre:
".... Les multiples liens qui sont tressés entre les humains sont infiniment plus puissants; leur ensemble enchevêtré tisse un réseau de dépendance tel que chaque humain ne peut être compris, ne peut même être décrit, sans référence à la communauté humaine dont il est un élément. La définition de chacun inclut les autres."
"Après la fin de l'économie, la suite de l'Histoire sera la généralisation de cette gestion des humains par eux-mêmes. Cela ne signifie pas seulement l'adoption d'un régime démocratique par toutes les nations mais, surtout, ce qui est infiniment plus difficile, l'instauration d'une démocratie planétaire tenant compte de l'interdépendance récente de tous les peuples. (...) Elle devra donc être l'aboutissement d'un processus démocratique auquel ils seront tous appelés à participer. (...) La mutation des esprits que ce bouleversement implique ne sera sans doute pas achevée avant plusieurs générations. Pourtant il y a urgence. Il faut donc préparer cet avenir en agissant là où se construisent les prochaines générations, l'école."
Et pour finir cette image qu'utilise Albert Jacquard et qui nous dit que notre société est proche d'un état de "surfusion".
"Diminuez, par un procédé quelconque, la température de l'eau contenue dans un récipient (...) à -1 degré, si vous ne provoquez aucune secousse, elle reste encore liquide, de même qu'à -2 degrés; d'un seul mouvement toute l'eau se transforme en glace. Une poussière tombant à sa surface suffit à provoquer le passage instantané de l'état liquide à l'état solide. (...) L'humanité vit actuellement une expérience semblable, source d'un véritable décalage dans le temps entre les causes et leurs effets."
Quel sera cet effet anodin qui va faire changer radicalement l'état de notre société? Il n'est bien sûr pas question qu'elle devienne rigide mais bien qu'elle change radicalement son mode de fonctionnement. Les paris sont ouverts.
J'ai même trouvé une vidéo sur YouTube pour illustrer ce phénomène. Vive le Web 2.0 !!
Même si comme moi vous ne partagez pas toutes ces idées, la lecture de cet ouvrage demeure un très bon moment d'autant que sa lecture est aisée et agréable. Ce qui n'est pas toujours le cas de la littérature actuelle tournant autour de l'Internet et pour laquelle le credo est, il me semble, de publier rapidement pour ne pas manquer les fenêtres d'opportunité très brèves dans ce domaine même si c'est au détriment de la qualité rédactionnelle.
Il y a quelques temps je vous avais promis sur ce post la mise en ligne de mon prototype devant illustrer mes propositions de développement des plateformes de réseaux sociaux actuelles. Voilà qui est chose faite.
Vous pouvez également télécharger la présentation ci-dessous, démarrez-la et suivez-la, elle avance automatiquement avec en plus des animations qui ne sont malheureusement présentes sous Slideshare. Toutes remarques ou suggestions sont naturellement les bienvenues !
Perspectives_réseaux_sociaux_np.pps
Le Top Management des entreprises va peut-être prochainement s'élargir et accueillir en son sein une nouvelle fonction. Le Chief Networking Officer. Après les CEO, CFO, CIO, CSO et autres COO, la reconnaissance de l'importance du networking passe des individus aux sociétés qui les emploient. En effet les réseaux sociaux sont un capital qu'il convient d'exploiter pour créer de la valeur. Il convient aussi de l'entretenir comme tout autre capital sous peine de le voir se déprécier.
Ce principe vaut aussi pour les entreprises. Leurs employés ne constituent pas uniquement un réservoir de savoirs techniques dans lequel elles peuvent puiser en contre partie d'un salaire payé mais sont aussi de hubs de relations pouvant s'avérer important pour le développement de l'entreprise.
Ainsi quel pourrait être le cahier des charges du CNO ? Voici quelques propositions:
Il convient bien sûr de bien différencier le CNO du responsable réseaux faisant partie du département informatique et responsable de l'infrastructure technique à proprement dite (LAN, WAN, PBX,...).
Dans cette économie de l'immatériel il est maintenant communément reconnu que les réseaux sociaux dont nous faisons parti et notre aptitude à y évoluer sont des éléments essentiels de notre réussite. Je citerais ainsi ici la devise des réseaux sociaux qui est: "Plus important que ce que je connais est qui je connais. Mais encore plus important demeure qui me connaît !".
De nombreuses plateformes (OpenBC, LinkedIn, 6nergies, Viaduc,...) ont ainsi été développées pour nous aider à gérer nos réseaux et à concrétiser la loi des six degrés de Stanley Milgram selon laquelle pour atteindre toute personne sur le globe seul quatre intermédiaires supplémentaires sont nécessaires.
Pour avoir expérimenté plusieurs de ces plateformes j'ai cependant acquis le sentiment qu'aucune d'entre elles n'avait été au bout de leur raison d'être. Car en effet quel est le but ultime des réseaux sinon de créer de la valeur en commun, à résoudre des problèmes ensembles, de faire avancer des causes communes. Or aucune de ces plateformes ne soutient ce processus de création de valeur. Elles nous aident certes à identifier les personnes qui peuvent nous aider mais nous laissent ensuite "sans soutien" pour la démarche collaborative. Or si elles nous soutenaient dans cette démarche nous les utiliserions de manière plus intensive, ce qui serait dans leur intérêt également.
Voici donc quelques propositions de fonctionnalités supplémentaires qui me sont venues à l'esprit et ayant pour but d'atteindre cet objectif.
Ayant fait un prototype sous PPS de ce à quoi pourrait ressembler cette plateforme de manière plus concrète, je me propose de le mettre en ligne prochainement. En attendant je vous conseille de lire le livre de Alain Lefebvre "Les réseaux sociaux - Pivot de l'Internet 2.0" fort intéressant et donnant déjà une bonne vision de ce dont ces plateformes sont déjà capables.