Les résultats de Yahoo! et Google pour le troisième trimestre 2006 (Q3/06)
Comme promis sur ce post, je souhaite revenir sur les résultats trimestriels de Yahoo! et de Google maintenant qu'ils ont été publiés. Résumons tout d'abord. Evolution du revenu et du profit respectivement de +70% et de +92% chez Google et de +20% et de -37% chez Yahoo!. Ainsi les difficultés de Yahoo! ne peuvent pas être uniquement attribuées à une évolution défavorable de certaines branches d'activités en matière de dépenses en publicité online comme l'a prétendu Terry Semel (CEO de Yahoo!) le 19 septembre dernier. Il est maintenant manifeste que Yahoo! perd des parts de marché à son principal concurrent Google. Un retard important dans le cadre de son projet "Panama" visant à mettre sur le marché une nouvelle plateforme de publicité online, une orientation client moins convaincante et une pénétration des marchés hors-USA toujours faible sont quelques unes des principales raisons de cette évolution. L'évolution des actions respectives de Yahoo! et de Google durant ces 6 derniers mois est à ce point révélatrice. Alors que pendant 3 mois les actions étaient très proches l'une de l'autre, à partir de mi-juillet nous assistons à un véritable décrochage de l'action de Yahoo!. Et l'évolution de ces derniers jours n'a fait qu'accentuer cette tendance.
Il n'en demeure pas moins que l'évolution du marché de la publicité online dans son ensemble demeure une question clé pour l'ensemble des acteurs présents, y compris pour Google. Personnellement je pense que ce marché va encore augmenter durant les deux années à venir et ceci au dépend de la publicité télévisée. Un transfert va se faire au même rythme, bien que décalé dans le temps de quelques mois, que le transfert des utilisateurs de la télévision vers l'Internet. A plus long terme je reste cependant sur l'hypothèse que j'ai développée ici et ici et selon laquelle une large adoption de services participatifs de type Web 2.0 va rendre les marchés plus transparents et donc la publicité moins efficace. Les utilisateurs prendront leurs décisions sur la base de considérations plus factuelles en s'appuyant sur l'expérience d'autres utilisateurs et moins sur des notions émotionnelles et d'image. Bien sûr les annonceurs n'en resteront pas là et tenteront d'infiltrer ces communautés d'utilisateurs et leurs publicités prendront alors des démarches plus souterraines. Mais surtout ces budgets risquent d'échapper en partie aux acteurs dominants actuels et ceci au profit, peut-être, des utilisateurs eux-mêmes.
Cette transparence des marchés devrait nous permettre de nous approcher d'un modèle de concurrence pure et parfaite cher aux économistes néoclassiques (Walras, Jevons, Menger) qui avaient imaginé un marché fonctionnant sans entrave et devant permettre à l'économie d'atteindre une efficacité maximale. Les hypothèses étaient cependant extrêmes comme par exemple l'atomisation des marchés, l'absence de coûts de transaction, l'homogénéité des biens proposés, le libre accès aux marchés, la disponibilité des technologies, etc. Les services participatifs vont quant à eux favoriser certaines d'entre elles dont notamment la transparence totale, la disponibilité de l'information et la rationalité des participants.
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23 Octobre 2006 à 22:28 dans
- La Recherche sur le Net

