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Le Blog Note d'Eric Bugnon

Bluewin TV est lancée. Quel sera son impact ?

C'est fait Bluewin TV est lancée. L'offre IPTV de Swisscom est sur le marché. Si l'offre apporte d'indéniables nouveautés qui révolutionneront réellement la manière de regarder la télévision, il convient de se demander quelles pourraient être les entraves à son adoption et dans quelle mesure les nouveautés réussiront à motiver les clients à faire tout de même le pas du changement. Pour avoir eu l'occasion de visualiser au préalable l'interface utilisateur de Bluewin TV, celle-ci m'a réellement impressionnée par sa simplicité et son intuitivité. Mais outre cette interface utilisateur, je vois encore les principaux atouts suivants:

  • La vidéothèque (Pay per View) permettant la location spontanée de films
  • La possibilité de programmer les enregistrements via Internet
  • L'étape franchie vers la vision stratégique prometteuse du "triple écran" (télévision sur le téléviseur, l'ordinateur et le téléphone mobile), gage d'une assurance de la pérennité de l'investissement pour ceux qui font le pas de la convergence et de la qualité (HDTV à terme)
  • Un prix d'abonnement de CHF 29.-/mois qui, pour un lancement, est raisonnable et qui peut encore évolué, et donnant l'accès à 100 chaînes de TV, à 70 radios et à un paquet linguistique à choix avec pour les francophones 16 chaînes supplémentaires telles que TMC, RTL9, MCM, FOXlife France, Toute l’Histoire, Animaux, E ! Entertainment, etc.
  • Du contenu exclusifs (hockey, foot, events,...)

Du côté des entraves, notons l'élément suivant propre à l'offre:

  • La nécessité, pour le deuxième téléviseur, d'une deuxième Bluewin TV Box (CHF 95.- + CHF 10.-/mois) ayant malheureusement des fonctions restreintes par rapport à la première

Mais aussi deux entraves n'entrant pas dans le cercle d'influence de l'offre à proprement parlé mais qui pourraient tout de même jouer un rôle:

  • Les ménages n'ont souvent pas de prise ADSL dans leur salon. Une solution wireless (WLAN) sera alors nécessaire. Ceci pourrait retenir celles et ceux soucieux de l'électrosmog. L'alternative étant de procéder à des transformations, c'est-à-dire à tirer les câbles nécessaires ou de passer par le réseau électrique (Powerline).
  • La Suisse est un pays de locataires (quoique de moins en moins grâce aux taux d'intérêt bas actuels et du rush vers la propriété). Or les locataires ne paient pas directement leur abonnement à un câblo-opérateur. Celui-ci est inclus dans leur loyer mensuel et il est probable que les propriétaires ne modifieront pas facilement ce dernier sous prétexte que le locataire s'est abonné à Bluewin TV. Il serait intéressant d'analyser la marge de manoeuvre exacte des locataires concernant ce point précis.

Le monde de la télévision tel que nous l'avons connu jusqu'à ce jour va être bouleversé par de telles offres. Dans la droite ligne du monde Internet et plus particulièrement de son évolution Web 2.0, les utilisateurs vont de plus en plus vouloir être actifs, ils vont vouloir prendre en mains leur emploi du temps et de moins en moins vouloir dépendre de programmateurs déterminant quand passe quelle émission. Si la télévision ne suit pas cette évolution du consommateur, elle va perdre continuellement des auditeurs au profit d'autres supports.

Quant à Sunrise, le principal concurrent de Swisscom, qui s'est raisolument détourné du monde de la télévision, il prend en ce sens un grand risque. L'avenir étant dans la convergence tant technique que commerciale. Celui qui ne pourra pas offrir d'offres complètes et homogènes risque, à terme, d'être pénalisé par le marché. Reste à savoir ce qu'en pensera son prochain propriétaire puisque Jens Alder (ex CEO de Swisscom et nouveau CEO de TDC, actuel propriétaire de Sunrise) a 15 mois pour rendre la mariée belle et la vendre (source: InfoWeek citant le magazine Facts).

Quant aux marchés financiers, ceux-ci semblent soutenir la stratégie de Swisscom puisque son action a repris depuis le 31 mai 2006 (CHF 392.-) près de 11%, l'action ayant clos ce soir à CHF 434.50. En recul toutefois sur la journée de 0.4%.

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Par ce geste une association caritative active dans le domaine de l'enfance recevra notre soutien. Plus d'info sur cette démarche ici


Les nouveaux métiers du web. Le Minipreneur et son écosystème

Après les indépendants, les dirigeants de start-up et de sociétés déjà bien établies voici venir une nouvelle catégorie d'entrepreneur, les "minipreneurs". Au centre de cette évolution trois moteurs essentiels, la volonté d'entreprendre, la recherche d'indépendance mais également les nouveaux outils de l'Internet qui rendent le grand saut plus accessible et donc moins risqué que jamais. On peut faire ses premières armes, ses expériences en quelques clics, faire des erreurs, nouer des contacts précieux pour, à terme, une fois que le virus a pris, faire le grand saut dans l'indépendance pleine et sans filet. Les "minipreneurs" sont des entrepreneurs du week-end et des fins de soirée souhaitant capitaliser sur une passion, une expertise, un hobby dans lequel ils excellent. La blogosphère, valorisant certainement plus qu'ailleurs les gens talentueux grâce à sa fabuleuse capacité à relater à l'infini les choses qui plaisent, est une véritable méritocratie permettant aux talents de réellement se démarquer et ceci même avec peu de moyens.

Internet met ainsi à disposition nombre de services soit gratuits sous forme de services de base ou alors peu onéreux et permettant d'atteindre une grande efficacité indispensable aux minipreneurs qui exercent cette activité en dehors du temps consacré à leur activité principale.

Je vous propose aujourd'hui de faire un tour d'horizon des besoins du minipreneur et d'identifier les services auxquels il pourrait faire appel. La liste que je propose ici n'étant bien évidemment pas exhaustive.

Voici encore ce fichier en format PDF Minipreneurs.pdf

Ce trend va faire naître de réelles perles et éclore de nombreux talents encore cachés. Et pour ceux qui sont en manque d'imagination, ils peuvent toujours se rabattre sur le service Springwise proposant régulièrement et gratuitement de nouvelles idées de business. Parmi les idées parfois un peu saugrenues proposées peut-être qu'une correspondra à un de vos talents cachés et pour lequel vous n'aviez pas encore songé à ce type de valorisation.


Les résultats de Yahoo! et Google pour le troisième trimestre 2006 (Q3/06)

Comme promis sur ce post, je souhaite revenir sur les résultats trimestriels de Yahoo! et de Google maintenant qu'ils ont été publiés. Résumons tout d'abord. Evolution du revenu et du profit respectivement de +70% et de +92% chez Google et de +20% et de -37% chez Yahoo!. Ainsi les difficultés de Yahoo! ne peuvent pas être uniquement attribuées à une évolution défavorable de certaines branches d'activités en matière de dépenses en publicité online comme l'a prétendu Terry Semel (CEO de Yahoo!) le 19 septembre dernier. Il est maintenant manifeste que Yahoo! perd des parts de marché à son principal concurrent Google. Un retard important dans le cadre de son projet "Panama" visant à mettre sur le marché une nouvelle plateforme de publicité online, une orientation client moins convaincante et une pénétration des marchés hors-USA toujours faible sont quelques unes des principales raisons de cette évolution. L'évolution des actions respectives de Yahoo! et de Google durant ces 6 derniers mois est à ce point révélatrice. Alors que pendant 3 mois les actions étaient très proches l'une de l'autre, à partir de mi-juillet nous assistons à un véritable décrochage de l'action de Yahoo!. Et l'évolution de ces derniers jours n'a fait qu'accentuer cette tendance.

Il n'en demeure pas moins que l'évolution du marché de la publicité online dans son ensemble demeure une question clé pour l'ensemble des acteurs présents, y compris pour Google. Personnellement je pense que ce marché va encore augmenter durant les deux années à venir et ceci au dépend de la publicité télévisée. Un transfert va se faire au même rythme, bien que décalé dans le temps de quelques mois, que le transfert des utilisateurs de la télévision vers l'Internet. A plus long terme je reste cependant sur l'hypothèse que j'ai développée ici et ici et selon laquelle une large adoption de services participatifs de type Web 2.0 va rendre les marchés plus transparents et donc la publicité moins efficace. Les utilisateurs prendront leurs décisions sur la base de considérations plus factuelles en s'appuyant sur l'expérience d'autres utilisateurs et moins sur des notions émotionnelles et d'image. Bien sûr les annonceurs n'en resteront pas là et tenteront d'infiltrer ces communautés d'utilisateurs et leurs publicités prendront alors des démarches plus souterraines. Mais surtout ces budgets risquent d'échapper en partie aux acteurs dominants actuels et ceci au profit, peut-être, des utilisateurs eux-mêmes.

Cette transparence des marchés devrait nous permettre de nous approcher d'un modèle de concurrence pure et parfaite cher aux économistes néoclassiques (Walras, Jevons, Menger) qui avaient imaginé un marché fonctionnant sans entrave et devant permettre à l'économie d'atteindre une efficacité maximale. Les hypothèses étaient cependant extrêmes comme par exemple l'atomisation des marchés, l'absence de coûts de transaction, l'homogénéité des biens proposés, le libre accès aux marchés, la disponibilité des technologies, etc. Les services participatifs vont quant à eux favoriser certaines d'entre elles dont notamment la transparence totale, la disponibilité de l'information et la rationalité des participants.


Qui sera le Skype de la téléphonie mobile ?

Si la voix sur IP (VoIP) constitue d'ores et déjà un important challenge pour les opérateurs de télécommunication gérant un réseau fixe, les opérateurs mobiles font quant à eux face à un grand dilemme en ce qui concerne cette évolution technologique. Soucieux de rentabiliser des investissements consentis très importants en matière de licences et d'infrastructures pour rendre leurs réseaux à même d'offrir des services data à la large bande (3G, GPRS,...), ils tentent de motiver leurs clients encore quelque peu réticents à adopter ces services en pratiquant des tarifs très attractifs. Or se faisant ils s'exposent à une percée de la VoIP sur leurs réseaux et de voir ainsi leur tarification à la minute et dépendante de la distance (quoique déjà de moins en moins) se transformer en une tarification forfaitaire (flat rate) de type abonnement ADSL. La chute pourrait être importante puisque les tarifs de la voix sur le réseau mobile sont toujours bien plus élevés que sur le réseau fixe alors que les coûts des services data mobiles sont quant à eux faibles. Si la VoIP mobile s'aligne sur ces derniers, le manque à gagner sera alors significatif. Le différentiel de coût pourrait bien provoquer de plus une adoption encore plus rapide de la VoIP mobile que ce n'est le cas actuellement sur le réseau fixe, d'autant plus que les utilisateurs auront déjà fait leurs premières expériences sur le réseau fixe.

Alors qui se lance dans la course au côté de Skype pour être le premier à offrir une solution VoIP pour le réseau mobile ? Skype de son côté vient d'annoncer ne pas pouvoir donner de délais concrets en raison de problèmes techniques, expliquant que ses difficultés étaient dues au fait que les réseaux data mobiles n'ont pas été prévus pour le transport de la voix et que celle-ci serait de mauvaise qualité en l'état actuel des services existants. Une opportunité pour un challenger innovant et pour une part d'un gâteau très important !


Blogject. Les "machines" se mettent à bloguer

Après avoir relater ici ce nouveau trend qu'est celui du "Real Word Web" ou en d'autres termes la communication "Machine to machine, M2M", je viens de lire chez Nicolas Nova que les machines pouvaient même se mettre à bloguer. On parle alors de Blogject, c'est-à-dire la capacité qu'ont certains objets (pour autant qu'on la leur ait donnée !) de relater ce qu'ils "ressentent" sur un blog et le tout automatiquement bien sûr. Sont nécessaires une caméra ou tout autre "capteur" pouvant remplacer nos sens, un téléphone mobile, une interface captant et publiant ces informations sur le web et le tour est joué, c'est dans mon dos que va se mettre à bloguer mon sac (à dos !!!).

Source

Le jour où d'autres blogs ou toutes autres machines se mettront à lire ces informations, à les interpréter, à les croiser avec d'autres informations et à agir en conséquence, il sera vraiment temps de les débrancher. Pour autant que ce ne soit pas déjà trop tard

Mis à part la côté anecdotique de la démarche et malgré le résultat quelque peu décevant au premier abord de l'essai rapporté par Nicolas Nova, la combinaison de ces divers outils pour en faire quelque chose plus artistique qu'utile pour l'heure est néanmoins intéressante. Elle doit nous pousser à imaginer encore d'autres utilisations possibles. Laissons aller quelques instants notre esprit et imaginons d'autres applications du Blogject. Une minicaméra située sur un oiseau migrateur, un thermomètre sur une bouteille à la mer, un micro dans une forêt ou dans une gare, un appareil photo sur un bus, une girouette sur un ballon sonde, etc.

On peut même imaginer d'autres "machines" évaluer ces blogs en fonction de la qualité des imagines ou des sons ainsi récoltés et à la manière d'un service Web 2.0 participatif d'en faire un classement des meilleurs Blogject. D'autres machines pourraient même aller au delà d'une simple évaluation des résultats obtenus et procéder à une compilation de ces données pour en faire quelque chose de nouveau dont le résultat pourrait être soit artistique ou alors, si la compilation répond à quelques règles, utile pour la recherche scientifique ou pour tout autre activité du genre humain.


Optimisation des processus grâce aux flux RSS

Les flux RSS sont déjà très présents sur le web et l'arrivée d'agrégateurs très conviviaux et efficaces comme Netvibes, Webwag ou encore Pageflakes ainsi que le développement continu par la communauté Internet de Widgets spécialement destinés à ces agrégateurs ne va qu'accélérer leur adoption. L'essentiel de ces flux ne sert cependant à ce jour essentiellement qu'à suivre des blogs ou des news en provenance des médias habituels. Or il existe une multitude d'autres domaines où de tels flux commencent à faire leur apparition (Jean-Claude Morand dans son dernier ouvrage RSS blogs - Un nouvel outil pour le management : La syndication des flux d'informations et des blogs pour l'entreprise en a d'ailleurs identifié 101) et dont leur impact en sera même démultiplié par la généralisation des nouvelles technologies mobiles (UMTS, Wifi, GPRS, Unlimited,...) rendant les terminaux mobiles (portables, PDA ou autres Blackberry) encore plus intelligents et leur détenteur toujours mieux informés et donc plus efficaces.

Visitez notamment le tout nouveau service xFruits qui permet de manipuler les flux RSS dans tous les sens pour en faire de pages web, des documents PDF, une version mobile, etc. De quoi donner des idées pour des applications spécifiques dans le vie quotidienne.

La généralisation de l'utilisation de ces flux dans l'ensemble de l'économie et dans des branches très diverses dépendra d'une analyse approfondie des processus opérationnels existants ainsi que d'un regard critique pour déterminer à quel endroit précis du processus un flux RSS pourrait être adopté. Il se pourrait peut-être même qu'un processus puisse être, grâce à cette nouvelle technologie, complètement réinventé permettant ainsi à l'entreprise qui fera le pas de cette (r)évolution d'atteindre un important avantage compétitif sur ses concurrents. Cet avantage se fera soit par à une diminution des coûts engendrés par le processus ou alors par une amélioration de sa qualité (vitesse de réalisation, diminution des erreurs,...).

Voici quatre domaines qui me semblent personnellement très prometteurs et qu'il serait judicieux d'approfondir pour déterminer le réel potentiel de cette nouvelle technologie et ainsi son éventuelle adoption à grande échelle. Première analyse:

  • Service à la clientèle
    -> info sur la disponibilité de pièces de rechange, sur l'état de la levée de dérangements, sur la disponibilité de systèmes informatiques
  • Production
    -> infos sur la disponibilité des machines, des équipes et de leurs collaborateurs mais aussi des matières premières
  • Vente
    -> infos sur l'évolution des prix du marché, de la concurrence, sur les produits à vendre, leurs fonctionnalités et l'évolution des prix pratiqués mais aussi par exemple infos sur l'organisation d'événements promotionnels ou autres conférences auxquels il conviendrait de participer
  • Product Management
    -> veille technologique et concurrentielle

Ce type de services aux entreprises consistant à réaliser un audit des processus sous l'oeil des importantes évolutions technologiques auxquelles nous faisons face actuellement dans le cadre de la mouvance du Web 2.0 est une nouvelle opportunité pour toutes les sociétés de conseils et de process reengineering qui gravitent autour des grands comptes mais aussi des PME. Elles seraient d'ailleurs bien inspirées d'offrir du même coup les solutions informatiques qui vont avec ainsi que de procéder, si nécessaire, à leur intégration aux legacy systems déjà en place.


Swisscom mise sur l'innovation !

Swisscom annonce la création d'un fonds de 70 millions de CHF et la collaboration avec le VC "Vinci Capital" pour la réalisation d'investissements sur une période de quatres ans dans des entreprises technologiques suisses présentant un potentiel de croissance élevé ....

... Espérons qu'il en sortira des pousses prometteuses. Plus d'informations sur le communiqué de presse de Swisscom.


Transfert dans l'allocation du budget publicitaire online global

Je vais aujourd'hui développer une thèse que j'ai formulée il y a quelques temps prédisant, de manière un peu provocatrice certes, que le Web 2.0 allait implosé par manque de publicité. Cette thèse est cependant étayée par le très bon post de Pascal Rossini consacré au "Marketing dynamique" et où l'on peut lire notamment "Il n'est plus question d'imaginer aujourd'hui la publicité au sens propre du terme, car la publicité, ce sera nous. Nous le faisons déjà plusieurs fois par jour,..." ou encore "chaque individu ou groupe peut devenir support publicitaire via les blogs ou les sites Internet,...".

Ainsi si nous nous mettons, nous consomaCteurs, à remplacer la publicité traditionnelle grâce à des services Web 2.0, celle-ci va se mettre à manquer pour financer tous les services Internet. Et il risque d'y avoir de la casse auprès des services n'ayant pas cherché des revenus alternatifs.

La question est de savoir si les consomaCteurs sauront se faire payer pour cette publicité dont ils sont les vecteurs. Mais si paiement il y a, alors le jugement ne sera plus neutre et sa valeur pour la communauté diminuera. Le site Payperpost va pourtant déjà dans ce sens puisqu'il propose de payer des blogueurs pour qu'ils parlent positivement de tel ou tel produit.

Les blogueurs seront-ils donc prêts à perdre leur crédibilité pour quelques francs (ou euros !) ? Probablement pas ! Mais on peut aussi imaginer des blogueurs ayant plusieurs identités, exprimant leur scepticisme sur leur site officiel et parallèlement louant le même produit sur un blog annexe et sous un pseudonyme et ceci contre rétribution. L'enveloppe budgétaire globale en publicité sera peut-être finalement inchangée mais un transfert de son allocation des plateformes Internet vers les utilisateurs individuels pourrait bien avoir lieu. Fascinant.


L'argent des blogueurs. Essai de développement

Je souhaite aujourd'hui rebondir sur une idée émise dernièrement par Thierry Crouzet et vais essayer de la développer. Cette idée propose de fédérer l'argent des blogueurs pour allouer ces ressources à une ou plusieurs "bonnes" causes. La motivation première de la grande majorité des blogueurs n'étant pas de gagner de l'argent avec leur blog et étant donné que les blogs ne génèrent de toute manière et pour autant que de la publicité y figure que des montants restreints, ceux-ci pourraient être rassemblés selon le principe selon lequel les petits ruisseaux font les grands fleuves et être utilisés pour une cause qui ne trouve pas de solution dans l'économie de marché traditionnelle (environnement, pauvreté,...).

Faire de la publicité sur son blog est aujourd'hui aisé avec des solutions de type Google AdSense, Yahoo Advertising ou encore et plus proche de chez nous ADS-Click. Rassembler cet argent serait également une chose facile puisqu'il suffirait, comme l'explique Thierry, que chaque blogueur prenant part à l'action mette le même AdSense ID (dans le cas d'une solution Google par exemple) sur son blog et les sommes ainsi générées afflueraient automatiquement sur un même compte...

...A partir de là deux possibilités s'offriraient à la communauté de blogueurs. Soit elle reverse la totalité de la somme de manière régulière à une ou plusieurs organisations caritatives existantes ou alors elle devient elle-même actrice et après s'être fixé un objectif à atteindre pourrait sur proposition d'actions concrètes de la part de ses membres décider de l'allocation de cet argent.

Cette communauté devrait s'organiser autour de quelques règles de manière à garantir son bon fonctionnement. Ces règles devraient restées simples et facilement applicables par chacun, l'idée n'étant pas de créer une grosse organisation hiérarchique mais plutôt une structure légère, flexible et autonome mais également capable de se protéger contre d'éventuels profiteurs. Cinq règles me sont venues à l'esprit et que je développe ci-après:

  • Toutes les actions prises doivent contribuer à l'atteinte de l'objectif premier
  • Les actions prises doivent respecter les législations en vigueur dans le pays où elles sont prises
  • Toutes les actions prises doivent être rapportées sur la plateforme collaborative commune ainsi que les résultats obtenus et les leçons retenues
  • L'objectif premier de la communauté ainsi que toutes les actions nécessitant un investissement financier du fond commun et si nécessaire l'exclusion de membres seront décidés à la majorité des personnes présentes sur la plateforme durant un laps de temps prédéterminé
  • Chaque membre de la communauté s'engage à respecter et à faire respecter les règles ci-dessus

Outre ces règles, la communauté aurait encore besoin d'un tiers de confiance (une fiduciaire par exemple) vers qui les sommes afflueraient et qui procèderait à l'allocation des montants en fonction des décisions prises par la communauté. Le contrôle des résultats obtenus demeurerait cependant bien à la charge de la communauté elle-même et non pas de ce tiers de confiance. On peut s'imaginer un système de notation des résultats obtenus en relation avec les sommes engagées, notation ayant pour but d'influencer l'allocation ultérieure de nouveaux montants dans le cas où une nouvelle proposition serait émise par le même membre. Ce tiers de confiance devrait également assurer la forme juridique de la communauté. En France et suivant les commentaires laissés sur le blog de Thierry une association de type loi 1901 serait adaptée à une telle initiative. Des structures semblables devraient si nécessaire également exister dans d'autres pays j'imagine. Comme dernier élément clé du concept une plateforme Internet devrait encore être mise sur pieds de manière à pouvoir gérer les prises de décision ainsi que le suivi des mesures prises.

Quel montant peut espérer rassembler cette communauté ? Essayons une petite simulation. Si chaque blogueur génère en moyenne CHF 10.-/mois (là je suis un peu plus prudent que Thierry) et si 1'000 blogueurs prenaient part à moyen terme à l'action, la somme ainsi obtenue atteindrait un montant de CHF 120'000.-/an (ou +- 180'000.- Euro). De quoi déjà débuter et prendre des premières mesures propulsant la communauté dans un cercle vertueux.


L'action Yahoo! en forte baisse ! Pourquoi ?

Alors que l'action de Yahoo! tournait encore durant le mois de juillet aux alentours de 32-33$, elle évolue aujourd'hui à 25 $ ce qui fait tout de même une perte de plus de 24% en un peu plus de deux mois alors que durant la même période l'action de Google, elle, ne perdait que 4% (cf graphique). Cette chutte de Yahoo! est due en partie aux déclarations de son CEO Terry Semel le 19 septembre expliquant que les résultats trimestriels (Q3) seraient inférieurs aux attentes de Wall-Street et que cette baisse était due à la baisse du volume des publicités en ligne (brrrr toute l'industrie du net en tremble déjà !!) et notamment des branches automobiles et des services financiers un peu sur la retenue en matière de publicité online ces derniers temps. Même si j'ai prédit l'implosion de la bulle Web 2.0 par manque de publicité (je m'explique ici), je pense qu'il est un peu prématuré d'en invoquer la cause pour expliquer une baisse des affaires chez Yahoo! Il ne sert à rien non plus de rechercher la cause dans un ralentissement général de l'économie comme l'on fait certains analystes, non les causes sont à aller chercher au niveau de l'entreprise elle-même et de son principal concurrent Google.

Petite analyse. Yahoo! souffre. Les nouveautés se font attendre. Un malaise s'installe. La rumeur d'une fuite de ses talents enfle dans la Silicon Valley et pendant ce temps son principal concurrent Google continue d'innover (Google Desktop 1+2, Google Earth, Google Finance), continue de copier ou, pour le dire de manière plus positive, continue de "réinventer" en rachetant notamment des sociétés déjà en place (Google Talk, Google AdSense, Gmail, Google News, Froogle, Blogger) et pendant ce temps Yahoo! vieillit. La nouvelle mouture de Yahoo Advertising se fait toujours attendre et Yahoo Finance prend la poussière dans sa place de leader (et de gros contributeur aux résultats de Yahoo!) et se fait rattraper par un Google Finance de toute bonne figure (sobre, informatif, très dynamique, tout en AJAX). Les graphiques et surtout leur utilisation sont particulièrement bien ficelés.

Dans cette confrontation des deux géants de l'Internet, n'oublions cependant pas le troisième larron, MSN, qui avec l'arrivée de Windows Vista pourrait bien brouillé à nouveau les cartes. Souvenons-nous du sort réservé à Netscape. Bien sûr les lois anti-trust ont changées entre temps mais il demeure un dangereux challenger.

Je vous rappelle encore deux dates à noter en rouge dans vos agendas. Il s'agit tout d'abord du 17 octobre, date à laquelle Yahoo! va publier ses résultats trimestriels ainsi que le 19 octobre date à laquelle Google se pliera à ce rituel. Des annonces qui permettront de mieux déterminer si toute l'industrie du Net doit commencer à revoir ses business plans ou si seule Yahoo! devra s'y atteler. En d'autres termes on saura si la grippe dont souffre Yahoo! est une maladie passagère et localisée (on l'espère pour elle) ou si les racines sont plus profondes et qu'elle risque de toucher toute l'industrie du Net. Alors rendez-vous à la mi-octobre ! Je vous promets d'être là !

PS. En marge de ce post je vous propose encore ce petit outil sympa permettant de comparer des recherches faites sur Yahoo! et Google


LIFT 2007

Le concept de la grande messe de l'Internet qui se tiendra les 8 et 9 février 2007 pour la deuxième fois à Genève a été publié. Rappelons nous que l'année passée quelques grands noms y étaient présents dont notamment Bruce Sterling, Cory Doctorow, Robert Scoble ainsi que plein d'autres encore.

L'édition 2007 s'articulera autour de 3 phases. Le mercredi des salles seront mises à disposition et toute personne pourra y organiser des workshops. Le jeudi de nombreuses présentations de courte durée. Et le vendredi des keynote speakers ainsi que beaucoup de temps pour rencontrer des gens et consolider toutes les nouvelles idées.

En plus du concept global quelques nouveautés supplémentaires sont également prévues dont notamment un nouveau système de questions qui devrait être plus "constructif" ainsi qu'un suivi des discussions de 2006.

Vous trouverez plus de renseigements ci-après.


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